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Dans les médias

Pas de Compromis en Vue Lors des Négociations avec l’Iran

Les conditions en vue d’atteindre un accord durable sur le program nucléaire Iranien ne sont toujours pas réunies. Il ne faut donc pas attendre grand-chose du nouveau round de discussion qui s’ouvre à Genève le 5 décembre.

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Par Shahram Chubin
Publié le 6 déc. 2010

Source: Le Temps

Pas de Compromis en Vue Lors des Négociations avecUn nouveau round de négociations entre l’Iran et ses accusateurs est un événement rare. Comme d’habitude, il est salué malgré le fait qu’à l’ordinaire ces rencontres ne sont que rarement productives. Il ne devrait pas en être autrement durant les pourparlers qui commenceront le 5 décembre. Il n’y a en effet aucun terrain d’entente sur ses objectifs. Pour le P5 + 1 (qui regroupe les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne), il s’agit de tester si l’Iran est prêt à limiter ses ambitions nucléaires à la suite des problèmes techniques qu’il rencontre et du renforcement des sanctions internationales depuis juin dernier. Pour l’Iran, la négociation a pour but de démontrer que le gouvernement ne rejette pas la voie diplomatique, même s’il n’est pas prêt à faire des concessions substantielles.

Le problème qui se cache derrière cette méfiance mutuelle est que les deux approches sont fondamentalement incompatibles. Le P5 + 1 privilégie une approche pas par pas (comme l’échange de carburants) destinée à créer un climat de confiance suffisamment solide pour permettre de s’attaquer ensuite aux divergences plus délicates. L’Iran, au contraire, considère tout compromis comme un signe de faiblesse conduisant inéluctablement à la catastrophe. Son gouvernement ne veut donc s’engager à rien tant que la stratégie d’ensemble, l’objectif final et la feuille de route menant à une éventuelle négociation globale soient définis. Pour compliquer encore les choses, les deux parties ne s’accordent pas sur leur position de force. Chacun est convaincu que la partie adverse est affaiblie et fera des concessions si elle y est poussée.

Les deux parties font également face à des contraintes de politique intérieure. Ahmadinejad s’est distancié de ses prédécesseurs en rejetant leurs tentatives de trouver un terrain d’entente avec l’Occident et il a fait la démonstration que l’Iran n’avait rien à craindre d’une politique de «défi stratégique». Ses opposants ne sont aujourd’hui pas disposés à lui faire des cadeaux en soutenant sa tentative d’ouverture à l’Ouest, destinée à renforcer sa position à l’intérieur. Quant à l’administration Obama, elle n’est pas en mesure d’assouplir sa position, car cela lui vaudrait des attaques de ses adversaires politiques aux Etats-Unis (surtout après le revers électoral de la mi-mandat) et l’opposition d’alliés partisans de la fermeté comme Israël.

Dans les grandes lignes, les conditions nécessaires à un accord sont assez claires: critiques des violations des droits de l’homme et du terrorisme, acceptation du droit pour l’Iran de déterminer lui-même le système politique qui lui convient et, dans une certaine mesure, acceptation de son droit à enrichir de l’uranium, mais avec des inspections internationales minutieuses. Quelque chose comme le «cadre Clinton» doit être échafaudé et rendu public. Il faut que les autres pays concernés comme Israël, l’Arabie Saoudite et la Russie soient impliqués (mais sans droit de veto). Aucun gouvernement iranien n’est susceptible d’accepter de se voir dénier le droit pour l’Iran d’enrichir de l’uranium. Mais un gel temporaire et «volontaire» est concevable s’il est englobé dans un accord plus large. La confiance du P5 + 1 ne peut naître, au minimum, que d’une pause dans le programme d’enrichissement.

Aussi désirable soit-il, un accord intérimaire sur l’échange de carburants nucléaires (sur lequel le nouveau round va se concentrer) ne s’attaquera pas aux problèmes essentiels. En cas de succès sur une réduction des réserves de combustibles, on aura gagné du temps. Cela laissera encore une place pour la diplomatie. Mais après huit ans, ce n’est pas le temps qui a manqué mais la volonté des deux parties de résoudre le différend de manière pacifique.

Une réflexion sur le long terme doit remplacer les approches tactiques qui conviennent politiquement à l’administration américaine. Aucune administration ne veut avoir à choisir entre recevoir une bombe iranienne et bombarder l’Iran. Mais la croyance dans l’efficacité des sanctions et des cyber-attaques apparaît tout à fait illusoire.

Le fait que l’Iran continue à résister n’est pas une excuse. Washington doit concevoir et préparer une solution diplomatique «vendable» tant aux Américains qu’aux alliés des Etats-Unis. Au pire, si cette solution est rejetée, l’administration peut rendre son offre publique.

L’incapacité à concevoir une solution de compromis crée la suspicion que Washington n’a qu’un intérêt tiède à un dénouement pacifique. Comme il y a des risques de politique intérieure quelle que soit la voie choisie, on peut soupçonner que «jouer la montre» est la voie de la facilité. Un jour ou l’autre, quelqu’un aura à s’attaquer au fond du problème. Mais l’attentisme peut être tentant pour une administration secouée par de nombreuses crises.

Shahram Chubin
Chercheur Associe Non-resident, Programme de politique nucleaire
SecurityForeign PolicyNuclear PolicyMiddle EastIranGulf

Carnegie ne prend pas de positions institutionnelles sur les questions de politique publique ; les points de vue exprimés ici sont ceux de l'auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement les points de vue de Carnegie, de son personnel ou de ses administrateurs.

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