Dr. Albert Keidel
{
"authors": [
"Albert Keidel"
],
"type": "legacyinthemedia",
"centerAffiliationAll": "dc",
"centers": [
"Carnegie Endowment for International Peace"
],
"collections": [],
"englishNewsletterAll": "asia",
"nonEnglishNewsletterAll": "",
"primaryCenter": "Carnegie Endowment for International Peace",
"programAffiliation": "AP",
"programs": [
"Asia"
],
"projects": [],
"regions": [
"China"
],
"topics": [
"Economy"
]
}Source: Getty
Avec la crise, l'économie chinoise pourrait rattraper celle des Etats-Unis avant 2030
Les Echos interviewait récemment Albert Keidel, chercheur au Carnegie Endowment, quant à la crise économique. Il affirme que les autorités chinoises devraient encourager la consommation intérieure et les investissements domestiques et aborder la grogne sociale de manière équilibrée en distinguant bien les doléances légitimes des autres qui le sont beaucoup moins.
Source: Les Echos

R: Je crois qu'il est incorrect de dire que la croissance chinoise a été essentiellement alimentée, notamment au cours des dernières années, par les exportations. La croissance des excédents commerciaux au cours des trois dernières années est surtout due à la surchauffe dans le pays, qui est venue s'ajouter à une demande domestique de base déjà forte.
Q: Mais, si les exportations ne sont pas le moteur principal de la croissance chinoise, comment expliquer son actuel ralentissement?
R: Lancés il y a tout juste un an, les efforts du gouvernement pour lutter contre l'inflation sont largement responsables des problèmes actuels. Les difficultés commerciales sont venues s'additionner à cela et rendent le ralentissement plus brutal encore.
Q: Que devraient faire les autorités chinoises pour s'assurer que la croissance conserve un certain dynamisme?
R: Les Chinois ont montré qu'ils avaient les moyens de stimuler leur économie. Ils ont totalement éradiqué le problème de l'inflation et disposent d'un solide système financier pour soutenir la relance. Ils devraient maintenant encourager la consommation intérieure et les investissements domestiques. La Chine a toujours un taux de biens capitaux par habitant extrêmement faible.
Q: Faut-il s'inquiéter de la multiplication des mouvements sociaux dans le pays ?
R: Bien entendu, tout le monde s'inquiète de cette grogne sociale, mais elle est inévitable dans une économie qui connaît une telle croissance et une brutale restructuration. L'actuel cycle commercial va engendrer une profonde réorganisation des sociétés les moins performantes des zones côtières. Le gouvernement doit prendre soin de gérer ce processus de manière équilibrée en distinguant bien les doléances légitimes des autres qui le sont beaucoup moins. Ça ne sera pas facile mais nécessaire.
Q: Si l'on se projette au-delà de la crise actuelle, où voyez-vous la Chine dans trente ans pour le soixantième anniversaire des réformes économiques ?
R: Il est presque certain que le PIB chinois sera supérieur à celui des Etats-Unis en 2038. Avec la crise actuelle, ce rattrapage pourrait même intervenir plus tôt. Peut-être juste avant 2030, si la Chine se relance assez rapidement comme je le crois et que les Etats-Unis se retrouvent, eux, avec une croissance extrêmement basse pendant plusieurs années.
Q: Pour garantir le dynamisme de sa croissance, la Chine va-t-elle devoir entamer d'urgence le chantier de sa réforme politique ?
R: En Chine, la réforme politique doit contribuer à la stabilité sociale et doit permettre à des voix différentes de disposer de plus en plus d'espace pour influencer les prises de décision. L'élection au suffrage universel des dirigeants nationaux n'est pas le seul, et peut-être pas le principal, critère du progrès démocratique d'une société pauvre comme l'est encore la Chine. Si la réforme politique est un élément nécessaire d'une modernisation rapide, il n'y a pas d'urgence à remettre en cause l'intégralité du système actuel. Cela pourrait même avoir des conséquences malheureuses, à long terme, sur le succès des réformes démocratiques, qui viendront en leur temps, sur le plus long terme, au fur et à mesure de l'amélioration du bien-être économique de la population.
About the Author
Former Senior Associate, China Program
Keidel served as acting director and deputy director for the Office of East Asian Nations at the U.S. Department of the Treasury. Before joining Treasury in 2001, he covered economic trends, system reforms, poverty, and country risk as a senior economist in the World Bank office in Beijing.
- As China's Exports Drop, Can Domestic Demand Drive Growth?Article
- China’s Fourth Quarter 2008 Statistical RecordArticle
Dr. Albert Keidel
Recent Work
More Work from Carnegie Endowment for International Peace
- What to Watch When Trump and Xi Meet in WashingtonCommentary
The real test may come after the leaders leave the room.
- +1
Sheena Chestnut Greitens, Oriana Skylar Mastro, Yukon Huang, …
- Untangling the Nuclear Knot: A Constructive Agenda for Managing China’s Nuclear Relations with the United States and Its AlliesPaper
The nuclear relationship between China and the United States is increasingly shaped by widening perception gaps rather than deliberate strategic design.
Tong Zhao
- A Black Sea Truce Is About Global Food Security, TooCommentary
A summer of escalation in the Black Sea has hurt Ukraine economically and is exacerbating world food security. A truce is needed—as is a broader reframing of Europe’s Ukraine strategy.
Thomas de Waal
- Who Puts Guardrails on AI?Commentary
Why governance of rapidly evolving technology will be distributed and complex.
Stewart Patrick, Scott Singer
- The U.S. and China Need an AI Hotline. Here’s How to Build It.Commentary
It should address the shortcomings of previous crisis communication efforts and adapt to the demands of frontier AI.
Lucy Luo